Carnets d’artistes

Les artistes ont toujours eu un réel engouement pour le carnet de voyage, voyage spatial (Eugène Delacroix) et senti-mental (Eva Aeppli, Fabienne Verdier et Vera Molnar) car ce support se situe entre les arts graphiques et les arts plastiques, entre l’album et l’ouvrage illustré. Il offre une véritable palette personnelle représentative de celui qui le tient, sur le monde et ce qui l’entoure. Les exemples de carnets ci-dessous sont des reportages graphiques d’un voyage en pays lointain, peu connu et dans l’esprit des artistes (leurs visions du monde, leur façon de penser, d’associer des éléments, de les décliner, de les expérimenter, …).

Eugène DELACROIX

Traces de l’orient : voyage diplomatique et esthétique

Ce recueil de voyage rempli d’aquarelles et de croquis est réalisé au Maroc au XIXe siècle. Il va accumuler dans ses carnets notes et dessins, qui vont constituer une sorte de répertoire iconographique, dans lequel il puisera pour composer ses peintures orientalistes jusqu’à la fin de sa vie. L’artiste français a capturé les scènes de rue et les visages de ce pays exotique précieusement, puisque pour lui cet unique voyage en Orient de sept mois, effectué entre janvier et juin 1832, au Maghreb et en Andalousie est un choc esthétique. À la fin de sa vie encore, il laisse un manuscrit inachevé rédigé vers 1840 : Souvenir du Voyage au Maroc où il tente d’expliquer ce qu’il a vécu.

C’est à la mi-octobre 1831 que Louis-Philippe (Roi des Français) informe Charles-Edgar, comte de Mornay (1803-1878) de sa mission diplomatique auprès de Moulay Abd er-Rahman (1778-1859), sultan du Maroc. Il s’agit de porter un message de paix au sultan et aux Britanniques, bien implantés, sur le plan commercial, dans le pays.

Eugène Isabey (peintre, lithographe et aquarelliste français) avait d’abord été pressenti pour se joindre à la mission diplomatique en Afrique du Nord. Revenu depuis peu d’Alger, il s’était désisté, craignant un deuxième voyage en Afrique. Delacroix sera donc choisi pour accompagner la mission à ses frais.

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En 1864, l’intégralité de son atelier fut mise en vente publique. La vente a permis de répertorier un total de 1000 dessins dans lesquels l’artiste a puisé jusqu’à sa mort en 1863.

Mois d’avril, lettre que DELACROIX envoie à Armand Bertin de Meknès : « Le pittoresque abonde ici. A chaque pas il y a des tableaux tout faits qui feraient la fortune et la gloire de vingt générations de peintres. Vous vous croyez à Rome ou à Athènes moins l’atticisme : mais les manteaux, les toges et mille accidents des plus antiques« . DELACROIX, Eugène. Correspondance générale, tome 1. Paris : Plon, 1936. p. 327-328.

Eva AEPPLI
Vera MOLNAR
Fabienne VERDIER

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