
À l’intérieur d’un réservoir d’eau en cèdre (427 cm de haut pour 442 cm de diamètre) d’immeuble new-yorkais (les water-tanks contiennent plus de 40 000 litres d’eau) est suspendu tout un réseau de fioles et d’alambics en verre.
Il est donc question de fluides corporels, de sang, d’urine, de larmes, de lait liés aux émotions très fortes. Au sol, au pied d’un petit lit en fer, une flaque d’eau s’est écoulée.
Dans ce décor sombre, des vêtements et des objets inscrivent la trace fugace de personnages. Un manteau d’homme (le père qui trompait sa mère avec leur jeune gouvernante anglaise), une chemise brodée de fillette (Merci-Mercy), une sculpture en forme de mamelles, une autre, phallique, campent en effet le cadre du scénario qu’esquissait Louise Bourgeois dans ses notes « Precious Liquids se rapporte à une fille qui grandit et trouve la passion au lieu de la terreur. Elle cesse d’être effrayée et connaît la passion« . Dépassant l’aspect narratif de l’installation, une inscription portée sur le bandeau de métal qui enserre le réservoir vient rappeler les vertus de l’art aux yeux de Louise Bourgeois : « Art is a guaranty of sanity » : l’art est une garantie de santé mentale.
Rattachée à sa célèbre série des Cellules (Cells), cette œuvre agit comme un espace thérapeutique où les anciennes peurs d’enfance de l’artiste se matérialisent à travers les fonctions et les fluides du corps.