Classicisme

ou art classique : attention le mot « classique » est à utiliser avec précaution, et à toujours définir. Dire qu’une oeuvre contemporaine est « classique » est au sens artistique et historique du mot une aberration !

Le Classicisme est un mouvement artistique qui touche tous les arts : l’architecture, la peinture, la sculpture, la littérature… Il se développe en Italie à la fin du XVIe siècle et se prolonge durant tout le XVIIe siècle.

Ses origines

Le maniérisme de la fin de la Renaissance présentait des compositions désordonnées, des figures allongées, un aspect irréaliste. Au XVIIe siècle, parallèlement au classicisme se développe, l’art baroque. Lui aussi s’écarte de la rigueur de la Renaissance, ses formes sont exubérantes. Il y a donc une volonté de certains artistes de revenir à des formes pures, à un esprit dit « classique ». Le Classicisme est introduit par le peintre Annibal Carracci à la fin du XVIe siècle en Italie. Il recommande à ses élèves d’étudier l’Antiquité, les grands maîtres de la Renaissance et la nature. Il réintroduit le paysage dans la peinture. Le mouvement s’étend en France sous le règne de Louis XIV.

Ses caractéristiques

L’artiste classique étudie les grands modèles mais aussi les mathématiques, la perspective et la nature pour créer une œuvre parfaite dans les formes, dans les proportions et dans les couleurs. Le dessin doit être juste et la composition équilibrée. Les sujets sont moraux et appellent le spectateur à la réflexion.

Les grands artistes du classicisme :

Peinture : Nicolas POUSSIN (1594-1665)

Peintre français, il fait pourtant sa carrière en Italie. Il peint des scènes mythologiques et inspirées de la philosophie. Il est célèbre dans toute l’Europe.
Appelé en 1640 par Richelieu, l’artiste est nommé premier peintre du roi. Mais il se rend compte qu’il n’est pas fait pour ce qu’on attend de lui : grands tableaux d’autel, vastes peintures allégoriques et, surtout, travaux de décoration de la grande galerie du Louvre. Il quitte la cour pour Rome dès 1642, où il peint, jusqu’à la fin de sa vie, des paysages historiques dans la campagne romaine.

Nicolas Poussin peint lentement et procède par multiples touches, refusant la séduction d’un illusionnisme parfait. Comment ? Par des dessins successifs griffonnés à l’encre et au lavis – ces esquisses teintées et délavées à l’eau. Il se plaît à représenter des scènes antiques. Il utilisait des petites figurines dans des boîtes afin de mieux se rendre compte de la spatialité de ses scènes.

Nicolas POUSSIN, Les Bergers d’Arcadie, ou Et in Arcadia Ego, vers 1638-1640, huile sur toile, 85 x 121 cm, Musée du Louvre, Paris https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010062528


Sculpture : François Girardon (1628-1715)

La sculpture recherche aussi les formes parfaites et s’inspire des œuvres antiques. François Girardon (1628-1715), sculpteur du roi, va décorer les jardins de Versailles de statues monumentales. Dans une grotte du parc, il place ce groupe d’Apollon servi par les Nymphes. Louis XIV est toujours associé à ce dieu. Ici, il se relaxe comme le roi dans ses jardins, après une journée de travail.

https://www.chateauversailles.fr/ressources-pedagogiques/jardins-environnement/statuaire-mythologie/apollon-servi-les-nymphes


Architecture : Claude Perrault (1613-1688)

L’œuvre architecturale la plus caractéristique de cette période est la colonnade du Louvre. Elle est conçue par un comité d’artistes dirigé par Claude Perrault (1613-1688). Droite et imposante, elle symbolise la rigueur classique. Elle est très différente du projet du Bernin.

Projet pour une réalisation entre 1667 et 1670 
aile Sully
Collectif d’artistes (dont Claude Perrault, Louis Le Vau et Charles Le Brun), La Colonnade du Louvre, 1667-1702, Paris

Le Bernin, Projet pour le Louvre. Élévation pour la façade orientale du Louvre (premier projet), 1664, plume et encre brune, 41 x 67 cm, musée du Louvre, Paris https://collections.louvre.fr/en/ark:/53355/cl020609648

Oppositions Baroque # Classique

Oppositions théorisées dans l’ouvrage d’Heinrich Wölfflin, Principes fondamentaux de l’histoire de l’art : Le problème de l’évolution du style dans l’art moderne, 1929, Editeur : Pocket, Collection : Agora, réédition 2015

Wöllflin regroupe en cinq catégories les mutations apparues au cours du XVIIème. Le baroque, par rapport au classique, privilégie :

  • le Pictural sur le Linéaire
  • la Profondeur sur la superposition des plans
  • la Forme ouverte, courbe sur la Forme fermée, droite
  • la Multiplicité sur l’Unité
  • l’Obscurité sur la Clarté, la Rigueur.
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