Définition
Les questionnements plasticiens regroupent l’ensemble des questions, réflexions et enjeux artistiques que les artistes, plasticiens, pensent, mettent en tension, remettent en question, utilisent, abandonnent, réutilisent.
Les questionnements plasticiens sont le « que créer ? », « comment le créer ? », « pourquoi le créer ? », « pour quoi ? », « pour qui ? », « pour quand ? », « pour où ? », « avec qui le créer ? »
Ces questions ne sont pas toutes nécessairement anticipées par l’artiste. Lors du processus de création, il peut y avoir hasard, imprévu, accident, échec obligeant à des changements, tâtonnements, abandons et reprises.
Pablo Picasso : « Si l’on sait exactement ce qu’on va faire, à quoi bon le faire ? ”
Les questionnements plasticiens invitent l’artiste et le spectateur à interroger la formalisation d’une œuvre (intention, démarche, processus de création), ou comment penser et faire oeuvre.
Ils consistent à s’interroger sur ce que l’artiste a voulu faire, pourquoi ? pour quoi ? sur ce que l’œuvre fait, comment elle est réalisée, pourquoi elle existe, comment elle est reçue et quels moyens plastiques sont mobilisés. Ces questionnements traversent toute l’histoire de l’art, toute l’histoire de l’Humanité.
Langages, moyens, pratiques et techniques plastiques sont au service d’une intention artistique. Outils, médium, support, gestes et postures, matériaux, composition, organisation soutiennent, révèlent, mettre en tension ou s’opposent au désir de création de l’artiste. Si celui-ci arrive à son but, à son objectif, à finaliser son oeuvre, il peut alors penser sa présentation ou confier cette mission à un scénographe, commissaire d’exposition ou curateur.
La réception du fait artistique, de toute oeuvre par un public dans un espace donné fait entrer en dialogue, harmonieux ou conflictuel, oeuvre, artiste, spectateur et espace.
Ces questionnements guident la réflexion lorsqu’elle est mise en pratique, lors d’une pratique à visée artistique et aussi lorsque la réception devient analytique, mettant en exergue les enjeux artistiques d’une oeuvre à travers l’histoire, l’histoire de l’art et l’Histoire humaine.
Les questionnements centrés sur l’histoire des oeuvres et des mouvements artistiques, la biographie des artistes, l’esthétisme ou les propos conceptuels des oeuvres ne sont pas des questionnements plasticiens mais des questionnements d’historiens de l’art, de philosophes ou de critiques d’art.
Problématiser
Pour quoi, d’où vient ce besoin et pourquoi créer ? Avec quelle intention et pour quel(s) objectif(s) ? Pour qui ? Comment ?
Que créer ? Comment le formaliser ? Comment le donner à voir ? Comment sera-t-il reçu ? Qu’en faire une fois créé ?
Dans quelle mesure un questionnement plastique est-il transhistorique ? transculturel ? interdisciplinaire ? transversal ?
En quoi le questionnement plasticien est-il le reflet d’un questionnement personnel, introspectif, autobiographique ou au contraire sociétal, engagé au nom du plus grand nombre ?
En quoi les questionnements d’un artiste plasticien font-ils écho aux questionnements d’un autre individu (spectateur ou autre créateur) ? d’une société (un large public) ? d’une culture ?
4 références artistiques + flashcard pour les mémoriser (à résumer dans le carnet de recherche)
Michel-Ange
Michel-Ange, dessinateur, peintre, sculpteur et architecte de la Renaissance italienne.
Poly-artiste capable de maîtriser plusieurs domaines artistiques, avec la même intention, ambition, soif de perfection.
« Seigneur, accordez-moi la grâce de toujours désirer plus que je ne peux accomplir. […] J’ai vu un ange dans le marbre et j’ai seulement ciselé jusqu’à l’en libérer”.
« Un génie universel, capable d’embrasser à la fois et de pousser à toutes leur perfection les arts de la peinture, de la sculpture et de l’architecture » selon Giorgio Vasari, auteur du recueil biographique Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, 1568.






Marcel Duchamp
Marcel Duchamp pense que les artistes sont poussés par une force ; Ils ne créent pas toujours en pleine conscience mais sont aussi les observateurs de leur geste créateur. L’humour pour lui est un constituant plastique essentiel.
« [Je] crois que l’artiste qui fait cette oeuvre, ne sait pas ce qu’il fait. Je veux dire par là : il sait ce qu’il fait physiquement, et même sa matière grise pense normalement, mais il n’est pas capable d’estimer le résultat esthétique. […] Il y a une chose profonde que l’artiste a produite sans le savoir. Et j’insiste là‑dessus parce que les artistes n’aiment pas qu’on leur dise ça. L’artiste aime bien croire qu’il est complètement conscient de ce qu’il fait, de pourquoi il le fait, de comment il le fait, et de la valeur intrinsèque de son œuvre. A ça, je ne crois pas du tout. Je crois sincèrement que le tableau est autant fait par le regardeur que par l’artiste. […] L’œuvre d’art n’a pas de valeur, aucune, d’ordre numérique ou d’ordre même moral. C’est une chose qui s’impose par sa présence, uniquement. Cette présence est telle qu’elle passe de siècle en siècle et est conservée comme une chose unique et qui donc n’a pas de prix » .
Entretiens avec Marcel Duchamp, rapportés par Georges Charbonnier, 1960, Éditions André Dimanche, 1994.
Beaucoup de ses oeuvres préfigurent des mouvements artistiques contemporains (voir document ci-après).
Fabienne Verdier
Fabienne Verdier est une artiste plasticienne, peintre et calligraphe contemporaine qui invente ses outils (pinceaux immenses réalisés avec plus de 35 queues de chevaux) afin de mettre en oeuvre son processus créatif, hybride entre l’art oriental (elle se forme en Chine de 1983 à 1992) et occidental (hommage aux primitifs flamands comme Van Eyck, Memling ou Van der Weyden et à Paul Cézanne).
Ai Weiwei
Ai Weiwei est une figure incontournable de la scène artistique indépendante chinoise. Il incarne l’opposition au pouvoir et l’emblème de la liberté d’expression. Ai Weiwei est à la fois écrivain, photographe, architecte, sculpteur, commissaire d’exposition, blogueur et militant. Jusqu’à ses 17 ans, il vit dans un camp de travail et de rééducation, car son père, poète et intellectuel, a émis des critiques vis-à-vis du régime, en pleine révolution culturelle.
https://www.profartspla.site/digiflashcards/#/f/6a4a495d767b1?vue=apprenant
Vocabulaire et axes de réflexion liés
- La démarche artistique, démarche de l’artiste
- L’artiste plasticien
- L’inspiration
- La créativité
- Les modalités d’expression
- Les enjeux artistiques
- Le statut de l’artiste
- Le statut de l’oeuvre, de l’objet artistique et du geste artistique
- Projet ou formalisation d’une oeuvre (intention > expérimentations et investigations > démarche > processus de création)
- Modalités du processus de création : choix des outils, médium, support, gestes et postures, matériaux, composition, organisation. Travailler avec le hasard relève aussi d’un choix.
- Les questionnements sur la forme
- Les questionnements sur la représentation
- Les questionnements sur la présentation
- Les questionnements sur les matériaux, la matérialité et l’immatérialité d’une oeuvre
- Les questionnements sur l’espace de l’oeuvre
- Les questionnements sur la réception de l’oeuvre
- Les questionnements sur la pérennité ou éphémérité, temporalité, conservation de l’oeuvre
- L’intention répond à une commande (État, religion, institution, mécène, …) ou est totalement libre ?
- Hasard, accident, imprévu
Exemples de questionnements plasticiens (d’artistes et/ou d’élèves pour leur projet de baccalauréat)
Représentation du réel : Comment représenter le monde ?
Le réel peut être imité, transformé, documenté ou complètement inventé.
Joseph Vernet → représentation fidèle du paysage
René Magritte → l’image représentée n’est pas la réalité, la représentation questionne la perception de la réalité
Andreas Gursky → photographie monumentale, retouchée et regard sur la société, le réel est transformé, amplifié, augmenté

Ron Mueck → portrait hyperréaliste construit, la représentation dépasse la réalité par le changement d’échelle
Figuration / abstraction : Faut-il représenter quelque chose en lien avec le réel ?
Une œuvre peut exprimer des émotions, faire sens uniquement grâce aux couleurs, aux lignes et aux formes, à sa composition, sans qu’aucun élément du réel ne soit reconnaissable.
Kazimir Malevich → degré zéro de la peinture = Suprématisme

Vassily Kandinsky → abstraction lyrique

Piet Mondrian → abstraction géométrique

Jackson Pollock → abstraction gestuelle = expressionnisme abstrait américain
Matières et matériaux font-ils sens ?
La matière peut révéler des opérations plastiques (inciser, brûler, tordre, gratter, griffer, couper, déchirer, accumuler, modeler, mouler, évider, poncer, lisser, …) et donc une intention créatrice.
Jean Dubuffet → éléments de rebut ou non artistiques comme bitume, charbon, sable, graviers, paille ou terre = authenticité de la création
Lucio Fontana → matière fendue = infini, gestuelle forte, anti-matière, vide, l’espace entre dans la toile, ouverture de la surface picturale à la troisième dimension

Anselm Kiefer → matières, matériaux porteurs de symboliques, liées à des souvenirs personnels, à l’Histoire, à la littérature ou encore aux traditions mystiques comme la Kabbale
Eva Jospin → elle travaille ce matériau pauvre jusqu’à en enlever une partie à la surface pour l’échancrer, la canneler, la sculpter, en révéler sa force et sa fragilité

Espace : Comment l’oeuvre dialogue-t-elle avec son espace de création (atelier), de diffusion (espace muséal, rue, espace public) ? avec l’espace du spectateur ?
L’espace peut être représenté dans l’oeuvre (espace suggéré), il peut aussi être oeuvre (l’espace de l’oeuvre, l’oeuvre comme espace) ; L’espace de création conditionne l’oeuvre (l’espace occupé par l’oeuvre et l’artiste), l’espace d’exposition relie l’espace de l’oeuvre et l’espace du spectateur.
Lucio Fontana → espace littéral du support en 2 dimensions, espace derrière, fente = espace en 3 dimensions

Louise Bourgeois → l’oeuvre est un espace, symbole de la vie intime de l’artiste. Ces liquides sont ceux que le corps humain produit quand il est soumis à des émotions comme la peur, la joie, le plaisir, la souffrance : sang, lait, sperme, larmes sont mis en espace, mis en scène.

Environnement : réservoir d’eau en bois de cèdre, cerclé de métal, verre albâtre, tissus, broderies, eau, boules en caoutchouc et bois de cèdre,
427 x 442 cm de diamètre.
Robert Smithson → oeuvre emblématique du Land Art réalisée en 1970 sur les rives du Grand Lac Salé dans l’Utah.

Corps : Le corps est-il sujet, outil ou matériau ?
Le corps est celui du modèle, de l’artiste et du spectateur. Le corps a été depuis la préhistoire sujet de représentation. Avec le Body Art, il devient outil et support de création. Le corps peut être figuré, défiguré, fragmenté, hybridé, en action, en réaction, en épreuve, et même en péril.
Dame de Brassempouy → découverte en 1894 en France, dans les Landes, par le préhistorien Édouard Piette → la plus ancienne représentation quasi réaliste connue d’un visage humain.
Yves Klein → A partir de 1958, la série des « Anthropométries de l’époque bleue », regroupe environ 180 oeuvres réalisées avec la technique de « pinceaux vivants » (corps des modèles recouverts de peinture IKB et laissant leur empreinte sur la toile).
Jackson Pollock → Action painting « peinture d’action » ou « peinture gestuelle » : terme formulé en 1952 par Harold Rosenberg, critique d’art. Expressionisme Abstrait de l’Ecole de New York : « A un certain moment, les peintres américains […] commencèrent à considérer la toile comme une arène dans laquelle agir, plutôt que comme un espace dans lequel reproduire, recréer, analyser ou “exprimer” un objet réel ou imaginaire. Ce qui devait passer sur la toile n’était pas une image, mais un fait, une action. Ce n’est plus avec une image dans l’esprit que le peintre approchait de son chevalet ; il y venait, tenant en main le matériau qui allait servir à modifier cet autre matériau placé devant lui. L’image sera le résultat de cette rencontre… ».

Marina Abramovic →

Performance durant laquelle l’artiste sera restée assise 736 heures et 30 minutes. L’homme qui s’est assis devant Marina, c’est Ulay, l’amour de jeunesse de Marina. Il est venu lui faire la surprise. Les deux anciens amoureux, qui s’étaient dits au revoir il y a plus de 20 ans sur la Grande Muraille de Chine, profitent de cette minute pour s’observer mutuellement. Et s’ils sont tous les deux obligés de garder le silence, leurs émotions sont, quant à elles, bien visibles, et ils ne peuvent alors s’empêcher de se rapprocher pour se tenir les mains, mettant quelques instants la performance de côté. Lorsque finalement Ulay doit se lever, Marina a bien dû mal à se remettre de ses émotions et c’est les yeux encore pleins de larmes qu’elle découvre le visage d’un nouvel inconnu.
Temps : Comment représenter le temps ? Comment le temps peut-il devenir le sujet de l’oeuvre ?
Dans quelle mesure le temps peut-il devenir un constituant plastique (le matériau d’une oeuvre d’art) ?
Memento mori → locution latine « Souviens-toi que tu vas mourir » proche de Vanitas vanitatum et omnia vanitas « Vanité des vanités et tout est vanité ».

Claude Monet → exploration des effets produits à différents moments du jour sur un même sujet = travail en série, avec variations.

Roman Opalka → une seule oeuvre réalisée pendant toute une partie de sa vie = protocole artistique unique

Marina Abramovic → surnommée « la grand-mère de la performance« . Son oeuvre extrême est Rythme 0 (1973) : immobile dans une pièce pendant 6 heures avec 72 objets, de plaisir et de douleur comme et un pistolet chargé. Le public était invité à utiliser ces objets sur elle comme il le souhaitait… Elle en garde encore des cicatrices à ce jour.

Performance durant laquelle l’artiste sera restée assise 736 heures et 30 minutes. L’homme qui s’est assis devant Marina, c’est Ulay, l’amour de jeunesse de Marina. Il est venu lui faire la surprise. Les deux anciens amoureux, qui s’étaient dits au revoir il y a plus de 20 ans sur la Grande Muraille de Chine, profitent de cette minute pour s’observer mutuellement. Et s’ils sont tous les deux obligés de garder le silence, leurs émotions sont, quant à elles, bien visibles, et ils ne peuvent alors s’empêcher de se rapprocher pour se tenir les mains, mettant quelques instants la performance de côté. Lorsque finalement Ulay doit se lever, Marina a bien dû mal à se remettre de ses émotions et c’est les yeux encore pleins de larmes qu’elle découvre le visage d’un nouvel inconnu.
Mouvement : Mouvement représenté ou mouvement réel ? Mouvement dans l’oeuvre, de l’oeuvre, du spectateur.
Dans quelle mesure le mouvement peut-il être un constituant plastique ?
La Vestale Tuccia attribué à Francesco Granacci → représenter un mouvement

La vestale Tuccia est une
prêtresse de la déesse du
feu Vesta. Accusée à tort et
menacée de mort, elle
réalise un acte impossible en transportant de l’eau dans un tamis pour démontrer son innocence sous le mode de l’ordalie (justice rendue par un jugement de Dieu). La scène se lit de droite à gauche, la diagonalisation des corps et les drapés flottants accompagnent la répétition des mêmes attitudes afin d’amplifier visuellement le mouvement.
La chronophotographie avec Eadweard J. Muybridge → une technique au service de la décomposition du mouvement

Giacomo Balla → Futurisme = mouvement littéraire et artistique européen de 1910 à 1920, qui exalte le monde moderne, les machines et la vitesse.
Marcel Duchamp → art cinétique (kiné = mouvement) = oeuvre qui intègre le mouvement optique (illusion du mouvement) ou réel (déplacement mécanique, par le spectateur, par air, …).


Conçus pour produire l’illusion du volume, les Rotoreliefs constituent un ensemble de six disques de carton imprimés en recto verso, dont les dessins numérotés de 1 à 12 s’intitulent Corolles, Œuf à la coque, Lanterne chinoise, Poisson japonais, Escargot, Eclipse totale ou Spirale blanche. « Divertissements visuels », selon leur DUCHAMP, d’une taille de 20 cm de diamètre pour les plus grands, ces disques colorés aux motifs psychédéliques avant l’heure s’utilisent sur un phonographe – déployant des effets de creux ou de reliefs fascinants sous l’effet de leur rotation.
La série de Rotoreliefs sera rééditée en 1953 à 1 000 exemplaires avant trois ultimes rééditions, en 1959, 1963 et 1965, qui s’appuient sur un nouveau système de suspension murale remplaçant le tourne-disque initial. La Cinémathèque de Paris conserve la précieuse série originale de 1935 en édition limitée à 500 exemplaires, dont 300 auraient disparu lors de la seconde guerre mondiale.
Jesús Rafael Soto → Les Pénétrables sont composés de fils verticaux suspendus dans l’espace, à travers lesquels les spectateurs déambulent librement.

Lumière : Lumière représentée ou élément plastique immatériel ? Lumière dans l’oeuvre ? Lumière sur l’oeuvre ?
Dans quelle mesure la lumière, représentée ou réelle, peut-elle être un constituant plastique ?
Le Caravage → maître du clair-obscur
Georges de la Tour → influence du Caravage sur ce peintre lorrain (né à Vic-sur-Seille)
Julio Le Parc → lumière artificielle comme constituant plastiques

Cylindre : 480 x 102 cm Boîte : 40 x 39 x 36 cm Dimensions totales : 510 x 460 x 140 cm. Collection Pinault, Paris.
Installation composée d’un disque monumental fixé verticalement et éclairé par des lampes. Celles-ci projettent leurs faisceaux lumineux sur la surface lisse du disque.
Olafur Eliasson →

Cette installation in situ utilisait un écran semi-circulaire, un plafond de miroirs et une brume artificielle pour créer l’illusion d’un soleil. Des cadres en aluminium recouverts d’un film réfléchissant étaient suspendus au plafond pour former un miroir géant qui doublait visuellement le volume du hall, tout comme l’écran semi-circulaire fixé au mur du fond, dont le bord supérieur rejoignait le plafond-miroir. Rétroéclairés par environ 200 lampes monochromatiques, le demi-cercle et son reflet créaient l’image d’un immense coucher de soleil intérieur, perçu à travers la brume artificielle diffusée dans l’espace. En se rendant à l’extrémité du hall, les visiteurs pouvaient découvrir la structure du soleil, tandis que l’envers du dispositif de miroirs était visible depuis le dernier étage du musée.
Mémoire : mémoire individuelle, travail autobiographique ou mémoire collective ?
Dans quelle mesure le travail sur la mémoire peut-il devenir une démarche artistique ?
Fragments du Colosse de Constantin → L’art comme élément de mémoire
Fragments du Colosse de Constantin, IVème siècle après J.-C, Rome, forum
romanum et cour des musées capitolins. Le colosse se trouvait dans l’abside de la Basilique de Constantin et Maxence.
Christian Boltansky → Autobiographie et mythologie personnelle
Anselm Kieffer →
Sophie Calle → Autobiographie comme source artistique
Mondialisation : hybridations, métissages, enrichissement pluriculturel ou colonialisme, uniformisation, question de la restitution ?
Mondialisation entre confrontation, globalisation et uniformisation ?
Le « Grand Tour » et les Cabinets de Curiosités → un ailleurs formateur
VOIR CES MOTS-CLÉS DANS LE DICTIONNAIRE
Louis Dupré : Grand Tour étendu à la Grèce et à Constantinople. Il entreprend un voyage qui le mène : en Italie, Grèce, Constantinople, Empire ottoman. Il publie ensuite Voyage à Athènes et à Constantinople, mêlant dessins (pages 64 et +), observations ethnographiques et paysages.
Les expositions universelles et internationales → comparer, confronter, concurrencer
VOIR CE MOT-CLÉ DANS LE DICTIONNAIRE
Les expositions universelles apparaissent au XIXème siècle, elles sont dites internationales lorsqu’elles sont spécialisées dans un domaine.
Orientalisme, Japonisme, missions archéologiques, ethnographiques et artistiques → un ailleurs inspirant
Bauhaus → se former à l’école du monde
Biennales, expositions, salons et marchés → faire ses courses dans le monde
Le processus de création : le projet de l’oeuvre, de l’idée à la réalisation.
L’œuvre est-elle l’idée, le résultat ou le processus ? L’accident, le hasard, l’expérimentation, le protocole peuvent faire oeuvre.
Jan van Eyck → grisaille ou oeuvre inachevée ? Le cadre participe au débat. Il a été peint par Van Eyck avec un motif marbré. l’oeuvre signée en bas, ce qui impliquerait qu’elle était considérée comme achevée.
Auguste Rodin → un accident révélateur d’une posture moderne = présenter une oeuvre, non aboutie, accidentée.

Il existe différentes versions en plâtre, en marbre, en bronze.
Le modèle est un homme de peine, dénommé Bibi, qui pour une somme dérisoire, se chargeait de balayer les ateliers des artistes. Rodin réalise le buste en plâtre de cette figure et le présente au Salon de Paris en 1865, mais il est refusé. Rodin présente alors une version en marbre en 1875, ce sera sa première sculpture acceptée au Salon de Paris. Trois ans plus tard, à la suite d’un accident qui endommage l’arrière du plâtre original, il expose au Salon de 1878 un masque en bronze de l’Homme au nez cassé, seule partie survivante du buste initial. Rodin explique que l’accident dû au gel est survenu à l’origine, et que faute de temps pour réparer le buste, il n’a pu présenter qu’un fragment en 1865, geste trop novateur pour être accepté par le jury très académique du Salon.
Sol LeWitt → l’artiste est l’auteur du protocole (diagramme et certificat), du concept, de l’idée et ce sont d’autres personnes qui réalisent les dessins muraux.

Vue de l’exposition à la Tate Modern à Londres en 2000, diagramme et certificat.
Un mur divisé en quinze parties égales, chacune présentant une direction de ligne et une couleur différentes, ainsi que toutes les combinaisons possibles.
Maurizio Cattelan → banane scotchée sur un mur blanc en 2019. La banane étant périssable, Maurizio Cattelan fournit aux acquéreurs de l’œuvre le mode d’emploi pour la remplacer. Elle doit se situer à 1,72 mètre du sol et être inclinée de 37 degrés. Un nuancier de 12 teintes de plus en plus noires, indique aux exposants quand changer le fruit.
Le protocole permet de distinguer :
- l’idée (l’œuvre) ;
- sa matérialisation (la banane et le ruban adhésif), qui est provisoire et interchangeable.
« Achetée 35 centimes, vendue 6,2 millions de dollars, puis mangée par son acquéreur Justin Sun, fondateur de la plateforme de cryptomonnaies Tron« , article de France Info, 20 juillet 2025. Un visiteur néerlandais mange à nouveau la banane exposée au Centre Pompidou Metz en juillet 2025. Le 30 mai 2026, un autre visiteur vole la banane ! Le Centre Pompidou Metz porte plainte mais remplace aussitôt l’objet matérialisant l’oeuvre.
Présentation de l’œuvre : interfaces et dispositifs
Le dispositif peut être pensé par l’artiste (dispositif de présentation) ou par le commissaire d’exposition ou scénographe (dispositif d’exposition). L’interface rend visible l’oeuvre.
Mathias Grünewald → retable, polyptyque

Polyptyque de la période du gothique tardif : Matthias Grünewald pour les panneaux peints et Nicolas de Haguenau pour la partie sculptée en ronde-bosse et bas-reliefs en tilleul polychromé (autour de 1490).
Kasimir Malevitch → Suprématisme et le Beau Coin

Bill Viola → dispositifs multiples de diffusion d’oeuvres vidéos

Voile : 2,4 x 3,3 m. Pièce : 3, 5 x 7,4 x 11,5 m. Durée : 30 minutes, Musée Guggenheim, Bilbao, Espagne.
William Kentridge → dispositifs multiples de diffusion d’animations

















