L’artiste peut détruire le réel
Certains artistes pour créer passent par la destruction :
- Hubert Robert dit le « peintre des ruines« ,
- Les vanités de Sam Taylor-Wood,
- Hommage à New York de Jean Tinguely,
- Les Colères d’Arman,
- Peinture de feu d’Yves Klein,
- La Fille au ballon de Banksy s’autodétruit,
- Break Down de Michael Landy,
- Damien Hirst et sa série d’animaux dans le formaldéhyde,
- The Cremation Project de John Baldessari,
- Le street artiste Blu qui recouvre ses peintures murales dédiées à une exposition
- Les destructions architecturales de Gordon Matta-Clark
- Les moisissures de Daniele Del Nero
- L’exposition Finir en beauté de Sophie Calle pour les rencontres photographiques d’Arles.
Choisissez dans cette liste au moins deux oeuvres relatant la démarche artistique de l’artiste et mettez-les en comparaison autour de l’axe : la prise en compte du réel et la notion de temps. Vous ajouterez des références artistiques personnelles pour étayer vos arguments et points de comparaison. Vous accorderez une attention particulière au vocabulaire en utilisant 5 mots spécifiques aux arts plastiques que vous aurez pris soin de définir.
Texte à déposer sur netboard dans l’onglet « rendus écrits ».
Pour rappel, la méthodologie à suivre est de :
- définir les termes de l’axe de travail (prise en compte, réel, temps)
- choisir au mois deux oeuvres (je vous en recommande 3 pour éviter les répétitions) et argumentant votre choix
- décliner l’axe en problématique et sous – questions > différentes parties avec oeuvres comparées
| Sous – question 1 | points communs oeuvres 1 et 2 | différences oeuvres 1 et 2 |
| oeuvre 1 | ||
| oeuvre 2 | ||
| oeuvres personnelles |
| Sous – question 2 | points communs oeuvres 1 et 3 | différences oeuvres 1 et 3 |
| oeuvre 1 | ||
| oeuvre 2 | ||
| oeuvres personnelles |
| Sous – question 3 | points communs oeuvres 2 et 3 | différences oeuvres 2 et 3 |
| oeuvre 1 | ||
| oeuvre 2 | ||
| oeuvres personnelles |
- ajouter dans chaque partie, plusieurs oeuvres personnelles et expliquant le lien avec les oeuvres choisies (oeuvres personnelles pertinentes et reliées aux sous-questions, aux arguments = points)
- vérifier dans votre écrit que vous utilisez du vocabulaire spécifique et que vous avez pris le temps de le définir (mots clés = mots spécifiques = définitions = points)
Exemple de corrigé
Définitions des termes de l’axe de travail :
- prise en compte = accorder de l’importance à …, utiliser comme constituant plastique (ce qui constitue une oeuvre)
- réel = désigne ce qui nous entoure, ce qui est là et que nous percevons (que ce soit concret ou immatériel, le vent est immatériel pourtant nous le percevons bien). Le réel, identique à tous, est différent de la réalité (qui est la perception sensible, personnelle, singulière que chacun a du réel)
- temps = la notion de temps peut être suggérée, représentée ou présentée dans une oeuvre. La vanité est une représentation symbolique de l’éphémérité de la vie, elle montre le temps qui passe. Une oeuvre qui montre un changement, une évolution, un instant précis suggère une temporalité. La temporalité est aussi le temps de l’artiste au travail (le temps qu’il a fallu pour réliser l’oeuvre), le temps du spectateur pour découvrir et appréhender l’oeuvre dans tous ces détails, sous tous les angles (oeuvre en ronde-bosse, en polyptyque, en série, en multiple, …), le temps de l’oeuvre (sa durée, est-elle pérenne ou éphémère ?).
Décliner l’axe en problématique et sous – questions > différentes parties avec oeuvres comparées
OU
- En quoi la prise en compte du réel et la prise en compte de la notion de temps par l’artiste sont-elles opposées ou complémentaires ?
Choisir au moins deux oeuvres (je vous en recommande 3 pour éviter les répétitions) et argumentant votre choix :
- oeuvre 1 : Hubert Robert dit le « peintre des ruines » (le temps a modifié le réel : les architectures construites par l’Homme ont été détruites par le temps, sont devenues des ruines).
- oeuvre 2 : La Fille au ballon de Banksy s’autodétruit (l’oeuvre est voulue éphémère par l’artiste, streetartiste anonyme, s’autodétruisant lors de sa vente aux enchères, pour, semble-t-il dénoncer le marché de l’art. La version de La Fille au Ballon de Banksy, venait alors d’être acquise pour 1,2 million, lorsqu’elle s’est autodétruite. Peu près cet événement sensationnel, sa vente a atteint 21,8 millions d’euros ! Au lieu de disparaître l’oeuvre est devenue mythique.
- oeuvre 3 : Les vanités de Sam Taylor-Wood sont des reconstitutions de compositions de natures mortes du XVIIème siècle mais en vidéo. Ce medium permet alors de voir en timelapse le temps agir sur les aliments, sur les chairs. Un cancer du côlon, et 3 ans plus tard, un cancer du sein, lui sont diagnostiqués. Elle réussit à vaincre ses deux cancers et cela donne une interprétation très forte à ses vanités filmées. Le réel est ce qui est mais aussi ce qui a été et ne sera plus.
| Sous – question 1 : la mimesis (volonté d’imitation du réel) ou ressemblance entre le réel et l’oeuvre de l’artiste permet de figurer le temps qui passe | points communs oeuvres 1 et 3 |
| oeuvre 1 : Vue de la Grande Galerie du Louvre en ruine de Hubert Robert | Pendant de l’oeuvre Projet pour la Transformation de la Grande Galerie oeuvres documentent un réel existant (le Louvre) |
| oeuvre 3 : Les vanités de Sam Taylor-Wood | Film en timelapse : technique de capture d’images où la fréquence à laquelle les images sont capturées est beaucoup plus étendue que la fréquence utilisée pour visualiser la vidéo. La série de photographies capturées à intervalles réguliers est ensuite compilée dans une vidéo finale beaucoup plus courte qui montre les changements dus au temps qui passe. Le réel est capturé à intervalles réguliers, en plan fixe, sans modifications de la part de l’artiste. |
| oeuvre personnelle | Les sculptures hyperréalistes de Ron Mueck : https://ropac.net/artists/63-ron-mueck/ qui montrent des représentations humaines avec toutes leurs traces du temps (rides, peau flétrie). Hyperréalisme : Tendance artistique et esthétique apparue dans les années 1960 aux États-Unis, menée par des peintres et sculpteurs qui développent une approche illusionniste du sujet, sans pour autant chercher un réalisme de situation (ils jouent avec les échelles comme Ron Mueck, les effets, les couleurs, la surprise, …). |
| Sous – question 2 : l’artiste rend présent par son oeuvre le travail du temps | différences oeuvres 2 et 3 |
| oeuvre 2 : La Fille au ballon de Banksy | Le temps est montré comme celui qui va détruire l’oeuvre, le dispositif de l’artiste met en scène cette destruction afin de dénoncer le marché de l’art qui touche aussi le street art, exposé dans des galeries, vendu comme des oeuvres autonomes, réservées à une élite fortunée alors que son essence est d’être accessible à tous, dans la rue. La plus-value vient clairement ruiner le propos initial de l’artiste. « Tout acte de création est d’abord un acte de destruction. » Citation de Pablo Picasso reprise par Banksy. |
| oeuvre 3 : Les vanités de Sam Taylor-Wood | Le temps est ici le composant de l’oeuvre : ce n’est pas tellement les fruits ou les chairs de ces natures mortes qui sont regardés mais leur décomposition. Ce qui retient le spectateur n’est pas ce qui est représenté comme dans une vanité peinte de Philippe de Champaigne mais ce qui est en train de disparaître. Vanité : représentation allégorique de la fragilité de la vie humaine et de la fatuité de ce à quoi l’être humain s’attache durant celle-ci. Les éléments symboliques les plus courants pour exprimer la vanité et le temps qui passe sont la bougie, le crâne, les fleurs fanées ou encore un sablier. |
| oeuvre personnelle | Performance filmée et toiles de Roman Opalka, 1965/1 – ∞, voir à protocole. |
| Sous – question 3 : l’artiste fait prendre conscience au spectateur du réel qui n’est plus | points communs oeuvres 1 et 2 |
| oeuvre 1 : Vue de la Grande Galerie du Louvre en ruine de Hubert Robert | L’avant / l’après : les deux pendants montrent une évolution temporelle entre les deux représentations |
| oeuvre 2 : La Fille au ballon de Banksy | L’avant / l’après : l’oeuvre est plus cotée, après l’effet sensationnel de son autodestruction partielle. |
| oeuvre personnelle | Christo et Jeanne-Claude, L’Arc de Triomphe, emballé, septembre 2021, Paris, oeuvre in situ, monumentale, éphémère, posthume. L’œuvre qui a empaqueté l’Art de Triomphe se compose de 25 000 mètres carrés de tissu recyclable, de couleur argent bleuté, et de 3 000 mètres de cordes rouge. Les deux artistes suggèrent au travers de leur installation l’idée de fugacité et d’éphémère. Ils souhaitent surtout permettre au spectateur d’arrêter son regard sur un monument qui fait partie de leur quotidien, qu’ils ne regardent plus. |
Problématiser les entrées de programme possibles avec des références précises
- Domaines de l’investigation et de la mise en œuvre des langages et des pratiques plastiques :
- Représentation, ses langages, moyens plastiques et enjeux artistiques.
- Rapport au réel
- Mimesis, ressemblance, vraisemblance
- Valeur expressive de l’écart ;
- Figuration
- Non-figuration.
- Construction de l’image
- Espaces narratifs de la figuration et de l’image
- Temps de l’image figurative
- Mouvement de l’image figurative.
- Domaines de la présentation des pratiques, des productions plastiques et de la réception du fait artistique :
- Présentation de l’œuvre.
- Sollicitation du spectateur : stratégies et visées de l’artiste
- Sollicitation du spectateur : stratégies et visées du commissaire d’exposition ou du diffuseur (éditeur, galeriste, etc.)
- Sollicitation du spectateur : stratégies et visées du diffuseur (éditeur, galeriste, etc.)
- Domaines de la formalisation des processus et des démarches de création : penser l’œuvre, faire œuvre :
- Idée, la réalisation et le travail de l’œuvre.
- Penser l’œuvre, faire œuvre
- Projet de l’œuvre : modalités et moyens du passage du projet à la production artistique, diversité des approches.
- Interdisciplinarité
- Transversalité :
- L’art, les sciences et les technologies : dialogue ou hybridation.